Ce que je veux développer dans cet article est un manifeste à charge contre le développement personnel tel qu’il se déploie, avec des pratiques parfois illégales et recensées dans un nombre non négligeable de vagues de contrôles des autorités de l’État. Les pratiques déviantes de certains coachs sont ce que j’appellerai des pratiques gourouisantes : un coach parfois autoproclamé « coach de vie » vend une méthode chère pour atteindre des résultats de manière miraculeuse et garantie. Ce n’est tout simplement pas possible et, du point de vue subjectif de cet article, c’est à fuir. Je voudrais développer un plaidoyer pour un concept que je n’invente pas, mais qui est insuffisamment investi : je veux dire le Développement Relationnel.
I — Le coût de la meilleure version de soi-même
Le volontarisme habituel du développement personnel a souvent à voir avec un coaching stressant, une emprise et un besoin de créer une soumission psychologique chez un client parfois fragile psychologiquement, voire en détresse. Il existe une tendance à prétendre à une méthode miracle, parfois en usurpant la place d’un psychologue ou d’un médecin formé dans un cadre réellement légal.
Le volontarisme : une culpabilité payante pour des résultats incertains
Le volontarisme habituel du développement personnel a souvent à voir avec un coaching stressant, une emprise et un besoin de créer une soumission psychologique chez un client parfois fragile, voire en détresse. Il y a une tendance à prétendre à une méthode miracle, parfois en usurpant la place d’un psychologue ou d’un médecin formé dans un cadre réellement légal. Le développement personnel est souvent un travail qui enfle l’ego du coach et se nourrit de l’argent et de la sueur de son client. La plupart des coachs de vie prétendent à un statut qui ne doit pas être prétendu : celui de réclamer une exigence contraignante en vue d’atteindre la satisfaction d’un fantasme qui ne peut sûrement pas être réglé seulement par la volonté.
Les sujets peuvent devenir exclusivement exigeants envers leurs performances et développer une culpabilité de ne jamais atteindre un idéal inatteignable. Une guerre est entamée entre un fantasme et le concret de la réalité.
Comment le développement personnel tend vers l’emprise
L’homme devient un combattant de soi, ce qui n’est pas un mal, mais il faut savoir où viser et ne pas négliger sa cible. Le combattant de sa misère et de sa volonté inconsciente sera aux prises avec un ennemi plus fort que lui. La plupart des gens dorment entre 8 et 10 heures, ce qui représente entre 30 % et 40 % du temps que l’on passe inconscient. Le cerveau a plusieurs états qui sont ondulatoires, certains avec une longueur d’onde longue, certains avec une longueur d’onde courte. Si je ne veux pas annuler la force de la volonté et son renforcement par un rituel qui est cadrant, limité et atteignable, avec de petites répétitions réellement faisables le premier jour, je veux la relativiser par un inconscient qui est travaillé par un langage de l’habitude. Alors, on se met à écraser les autres et à les mépriser quand on devient un coach. Et lorsqu’on devient un client, on devient une proie parfois durable qui consent à être domptée, pour prendre sur elle une autorité qu’elle a certes choisie — mais qui a plus besoin d’elle, en réalité, et de son mal-être qu’elle n’a besoin de ses conseils. Tout est à l’avenant. Le coach n’a aucun intérêt à voir son client guéri sortir du système. Son échec est le moteur même du système. À chaque fois qu’il échoue, ce n’est pas la méthode qui doit être remise en question, mais sa volonté. Et donc, il a fauté en ne se flagellant pas assez par la méthode qui lui a été imposée, à laquelle il a librement consenti, et qui est incapable de lui faire atteindre une performance qu’il ne peut pas atteindre par la seule force de sa volonté.
Avec une seule jambe, difficile de courir
En culpabilisant de ne pas atteindre ses objectifs, on développe inconsciemment un fantasme d’une autre vie que l’on n’a pas désirée par soi-même, mais en jalousant le confort d’une autre vie, supposé atteignable avec des objectifs définis par un coach. Les désirs sont standardisés par un mouvement pseudo-spirituel centré sur l’ego. Et les déterminismes sociaux et transgénérationnels remontent parfois à très loin et au-delà de ce que notre conscience articulée peut comprendre et donc changer. La jalousie pointée par Girard dans sa géométrie du désir est disponible dans cet article. Les autres clients du groupe lui procurent un sentiment d’appartenance fonctionnant de manière mimétique. L’intimité et l’argent du client sont livrés aux appétits d’un coach supposé savant, parfois doué, parfois déviant, et capable, à force de séduction et de pression, de soumettre le client.
Avec deux jambes, il est possible de marcher
La méthode God Vibe Lab ne prétend pas vouloir interdire au juge intérieur de faire son travail : il peut être un très bon allié. Elle veut juste déplacer le cadre et la forme des instructions pour les rendre réparables sur la durée et, par là, réellement vertueuses.
Marcher main dans la main avec sa part inconsciente permet d’avancer et de ne plus boiter avec la volonté induite consciemment. On a besoin de parler la langue de l’inconscient, qui aime les choses répétées et qui ne font pas trop peur au premier abord : simples, sobres, symboliques. Là, en prenant en compte la force de l’inconscient, il y a un cadre où il peut, à mon humble avis, y avoir une efficience et des changements observables. On ne traite pas sa valeur : on s’arrête et on observe ses actes.
Le jugement et l’analyse sont une chose, l’instinct en est une autre. Ces deux dimensions d’une personne sont deux dimensions qui sont relationnelles, entre êtres humains.
II — Le jugement des pensées doit s’arrêter à la porte de chez soi
Nous n’avons pas accès à la pensée d’une personne, alors on a le droit de juger les fruits qu’elle porte. Et les fruits qu’elle porte, d’habitude, ce qu’on peut en voir, ce sont les paroles et les actes. Aujourd’hui, la parole se fait rare entre deux sujets qui ne sont pas d’accord, alors nous supposons ce qu’ils disent et ce qu’ils pensent. Les gens sont pris dans un larsen idéologique à cause des algorithmes, qui ne leur proposent jamais une opinion inconfortable pour eux. Ici, nous sommes là pour discuter entre nous, peu importe les opinions politiques, qui peuvent être critiquées, ou les opinions religieuses, qui peuvent aussi être critiquées, mais sans rentrer dans une dimension blasphématoire et sans rentrer dans une dimension accusatrice envers une personne en particulier à cause de son discours, de ses origines ou de sa manière de penser.
« Je est un autre »
La dimension inconsciente dont Rimbaud parle quand il dit « Je est un autre », Freud ne l’a pas découverte. Il a voulu en faire une science en expérimentant, en publiant ses travaux et en la faisant connaître, notamment en Occident. Avec cela, il a prescrit la cocaïne à ses patients. Faisons attention à la science expérimentale lorsqu’elle expérimente sur des sujets vivants. La méthode God Vibe Lab (GVL) ne prétend remplacer aucun traitement, aucune cure chez un psychologue clinicien ni aucune consultation médicale chez un psychiatre. Et elle s’adresse aux sujets qui voudraient progresser dans leurs relations avec eux-mêmes et avec les autres, même avec des intentions qui pourraient être narcissiques et égotiques, comme vouloir être la meilleure version de soi-même. Je veux cependant organiser une paix où le dialogue apparaît possible.
Mais actuellement, je pense que la meilleure version de soi-même, on ne la devient pas en s’isolant de ses relations pour investir dans une relation contraignante, dans une relation qui dépend d’une volonté qui est autre que la sienne, d’une volonté potentiellement aliénante et d’une volonté, en tout cas, la plupart du temps, punitive. Je ne dis pas qu’il faut retirer toute notion de jugement, mais se remettre à quelqu’un pour juger de ce dont on est capable et de ses propres efforts, ce n’est même pas se faire assez confiance.
L’inconscient comme langage
L’aspect commun qu’il y a entre l’inconscient et la conscience, c’est qu’ils peuvent avoir un langage en commun. L’inconscient est holistique et la conscience est analytique. Je m’explique : l’holistique, c’est ce qui capte tout en même temps. Par exemple, l’œil est holistique. Lorsque vous voyez quelque chose, vous le voyez intégralement. Vous n’en voyez peut-être qu’une face, mais, s’il est transparent, vous arrivez à le voir intégralement. Une pensée holistique ressemble à la vue. Elle est instantanée, elle est tout à la fois et elle voit la position de l’objet : c’est l’inconscient.
Alors que, par exemple, l’écoute est une dimension analytique, avec des mots, des espaces, de la ponctuation et une séquence qui se déploie dans le temps et selon un ordre précis qui s’appelle la grammaire et la syntaxe. Or, les briques et la syntaxe de la conscience sont claires. Ce sont des mots, le monologue intérieur de chacun, mais ils ne sont pas toujours rationnels… Alors, la conscience doit être équipée d’un certain nombre de signes symboliques, et elle doit accepter de dialoguer avec son instinct, avec ce qui s’appelle, de manière imagée, le sixième sens : un supplément de sens qui vient de la pensée holistique. Et d’habitude, plus une personne est sensible à son inconscient, plus elle est orientée vers l’holistique ; alors, plus une personne est mentale, plus elle est connectée à l’analyse.
Je veux parler des deux hémisphères du cerveau, qui sont le cerveau droit, holistique, et le cerveau gauche, analytique. Ainsi, peu importe où vous vous trouvez dans le spectre, je voudrais que vous puissiez trouver des outils symboliques pour comprendre le langage symbolique de l’inconscient, qui n’est pas un langage rationnel et analytique, parce qu’il dit tout à la fois. Et il dit des choses que la conscience ne peut pas comprendre à moins que ce soit expliqué, décomposé et interprété par la conscience. Ça peut être la conscience d’un ami, d’un membre de la famille, de soi-même : une conscience qui est capable d’analyser, de faire ressortir une signification cachée d’un rêve ou d’un événement anormal qui peut être dû au hasard sans être réellement incorporé et articulé.
III — Le bouclier, l’épée et le guerrier pacifique
Le cerveau droit s’attache davantage à l’ensemble. Il maintient le contexte, rassemble les informations et perçoit la situation dans sa globalité. Le cerveau gauche s’attache davantage au détail, à l’unité immédiatement perceptible, à ce qui peut être isolé, nommé puis analysé. Si nous imaginions que la réalité soit un combat, le cerveau droit serait alors le bouclier : il se protège contre tout, parce qu’il doit tenir compte de tout ce qui entoure le sujet. Le cerveau gauche serait l’épée : l’endroit pointu, analytique et directif, celui qui vise un élément particulier pour agir sur lui.
Cette image ne signifie pas que certaines personnes seraient « cerveau droit » et d’autres « cerveau gauche ». Elle désigne une polarité entre deux manières de traiter le réel. L’une regarde l’ensemble ; l’autre pointe vers le détail.
Il est intéressant que la compréhension de l’humour, du second degré, de l’implicite, de l’intonation et de la métaphore mobilise particulièrement le traitement contextuel effectué par le cerveau droit. Une plaisanterie ne se trouve pas seulement dans les mots prononcés. Elle dépend du ton, du déplacement comique, d’une situation inhabituelle, de ce qui est dit entre les lignes. Les aspects du second degré, comme l’ironie ou le sens du drôle, sont traités par le cerveau instinctif. C’est ce que chacun comprend sans qu’on ait besoin de l’expliquer. Le rire lui-même demeure très difficile à comprendre : il surgit parfois avant que la conscience ait pu analyser pourquoi quelque chose était drôle.
L’inconscient possède peut-être, dans l’esprit, cette dimension globale. Je ne dis pas qu’il réside dans l’hémisphère droit, ni qu’il se confond avec lui. Je dis qu’il paraît capable de faire fonctionner l’ensemble sans avoir à nous expliquer chaque détail.
Les bruits de son moteur
Lorsque nous dormons, l’activité consciente se transforme profondément, mais la machine continue. Lorsque nous répétons un geste pendant dix ans, nous finissons par l’accomplir sans devoir le refaire consciemment à chaque fois. Une immense partie de nos habitudes, de nos réactions et de nos automatismes repose ainsi sur des processus qui échappent à notre attention immédiate.
L’inconscient gère donc une grande partie de la machine pendant que la conscience se croit aux commandes. Le développement relationnel commence peut-être lorsqu’elle cesse seulement de commander et apprend aussi à écouter les bruits de son moteur…
La réponse est en vous
Mon conseil :
Posez-vous avec une question à laquelle vous aimeriez vraiment avoir une réponse.
Posez-vous jusqu’à vous ennuyer un petit peu et pensez a autre chose
Je parie que vous obtiendrez Peut etre pas tout de suite...
Une réponse.
Peut-être pas tout de suite,
Mais sûrement une réponse utile et plus rapidement que ce que vous penseriez.